Témoignages

Explore, encore par Rebecca Schneidereit.
Nouvelle-Écosse à Québec

En mai, je me suis fait tremper sous la chute Montmorency. J’ai pris une solide dose de glucides dans une cabane à sucre, gravi une montagne, fait une croisière sur le fleuve Saint Laurent et dépensé tous mes sous au plus grand centre commercial que j’ai jamais vu. J’ai rencontré des tas de nouveaux amis, surchargé mon compte Facebook de photos merveilleusement ridicules et fait de mon mieux pour communiquer constamment dans un français terrible. Ai je mentionné que tout cela était gratuit – en plus d’être instructif?

Dans mon article précédent (« Pas un mot d’anglais », Dalnews, 8 mai), j’expliquais comment de récentes expériences à Dal m’avaient fait réaliser que même si j’avais obtenu mon crédit en langue grâce à une année de chinois – une véritable gymnastique mentale apte à développer l’esprit –, mon français était sérieusement déficient. À la recherche d’une solution rapide, je suis tombée sur Explore, un programme d’immersion administré par le Conseil des ministres de l’Éducation (Canada) [CMEC] visant à aider même les anglophones les plus unilingues (comme moi) à approfondir une deuxième langue.

Explore est offert dans plusieurs universités canadiennes, et bien que les frais de voyage soient à la charge de l’étudiant, les manuels, les frais de scolarité, les repas et l’hébergement sont payés. Une aubaine? Évidemment. Ma demande a été acceptée et j’ai été admise à l’École de langues de l’Université Laval. Avec un enthousiasme considérable (et beaucoup trop de paires de chaussettes), j’ai pris la route en direction de l’Université Laval, où j’allais passer cinq semaines à suivre des cours d’immersion en français et à participer à des activités culturelles.

Moi qui a toujours vécu dans les Maritimes, mes premiers jours au Québec ont été un perpétuel choc culturel. Comment me faire des amis? Une fois mes amis trouvés, comment commander ensemble une pizza? Comment demander où est la cabine d’essayage au centre commercial? Comment demander où trouver mes salles de classe dans le campus labyrinthique de l’Université Laval? (De plus, les écureuils sont énormes au Québec. C’est la seule chose à laquelle je ne me suis jamais habituée. Ils sont gris foncé, sont seulement deux fois plus petits que les chats et ont une lueur malicieuse dans les yeux.) Mais progressivement, chaque nouvel obstacle linguistique est devenu un défi, la possibilité pour moi d’utiliser les compétences en français dont je me bourrais le cerveau pendant trois heures tous les matins. En peu de temps, j’étais en mesure de bavarder en français sans hésiter.

Je ne dis pas que cela a été facile. Malgré neuf ans de cours de français obligatoires à l’école publique, je n’avais presque rien retenu de cette langue; à l’Université Laval, j’ai été placée dans le cours de français de base enrichi. J’y ai joint un groupe d’une trentaine d’étudiants – des quatre coins du Canada, mais également des États Unis et même de l’Europe et de l’Amérique du Sud – pour étudier la plus négligée des deux langues de notre pays. L’apprentissage est rapide, intense et extrêmement utile; bien plus que des leçons ordinaires de grammaire, le cours met également l’accent sur l’expression orale et la phonétique pour faire en sorte que les étudiants puissent non seulement parler en français mais qu’ils puissent aussi être compris. Les leçons se terminaient généralement dans l’avant midi et laissaient place dans l’après midi à des activités culturelles : dégustation de gelato dans le Vieux Québec, visite d’un musée ou d’une galerie d’art ou encore joute de basketball ou de disque volant d’équipe. Le soir, un film en français était parfois projeté (le meilleur de tous, Bon Cop, Bad Cop), ou bien nous pouvions nous réunir entre nouveaux amis au pub de l’université.

Ma dernière journée passée à Explore a été marquée par deux examens, une cérémonie de clôture et des accolades pleines de larmes avec mes nouveaux amis. Je compte présenter de nouveau une demande l’année prochaine; bien que les étudiants qui présentent une demande pour la première fois aient priorité, il est possible de participer au programme deux fois ou plus. D’ici là, je recommande ce programme à pratiquement tout le monde. Si vous voulez découvrir les splendeurs du Québec, rencontrer des gens de partout dans le monde et du coup apprendre une deuxième langue, ce programme est pour vous. Bonne chance!

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